Proche-Orient. Le CICR dénonce une attaque contre ses locaux à Rafah, aucun blessé
Le Comité international de la Croix-Rouge a dénoncé lundi "une attaque" contre ses locaux à Rafah, une ville de la bande de Gaza. L'armée israélienne a reconnu avoir tiré mais "sans savoir" qu'il s'agissait d'un bâtiment de la Croix-Rouge.
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ATS et AFP
24 mars 2025 à 17:22, mis à jour à 21:38
"Aujourd'hui, un bureau du CICR à Rafah a été endommagé par un projectile explosif bien qu'il soit clairement identifié et notifié auprès de toutes les parties. Heureusement, aucun membre du personnel n'a été blessé dans cet incident mais cela a un impact direct sur la capacité du CICR à opérer. Le CICR déplore vivement l'attaque contre ses locaux", a déclaré l'organisation dans un communiqué.
De son côté, l'armée israélienne a expliqué dans un communiqué que "plus tôt aujourd'hui (lundi), des forces de l'armée opérant à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont tiré en direction d'un bâtiment après avoir identifié des suspects (...) Après vérification, il s'est avéré que le bâtiment appartenait à la Croix-Rouge, ce que nos forces ne savaient pas au moment de l'incident". L'armée a précisé qu'une enquête allait être ouverte.
Le CICR, dont le siège est à Genève, a souligné que le droit international humanitaire accordait une protection spéciale au personnel humanitaire et médical, aux établissements médicaux ainsi qu'aux équipements utilisés pour les opérations de secours humanitaires. Les personnels du CICR ont joué un rôle clé d'intermédiaire lors des échanges d'otages, pris le 7-Octobre par le Hamas et ses alliés, contre des Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.
"Conséquences humanitaires"
Malgré les services rendus, le CICR a été vertement critiqué par les autorités israéliennes et certaines familles d'otages qui accusent l'organisation de ne pas faire assez pour convaincre le Hamas de pouvoir visiter les otages. Des accusations que le Comité rejette.
Le CICR a aussi indiqué avoir perdu le contact dimanche avec des techniciens médicaux urgentistes du Croissant-Rouge palestinien dont le sort restait inconnu. En outre, des travailleurs humanitaires dans la bande de Gaza ont été tués ou blessés la semaine dernière, a-t-il ajouté.
Dimanche, l'armée israélienne a poursuivi ses opérations terrestres dans tout ce territoire palestinien, encerclant une partie de Rafah, près de la frontière égyptienne, après environ une semaine d'attaques renouvelées sur le territoire palestinien. Israël a repris ses bombardements intensifs sur la bande de Gaza le 18 mars, invoquant une impasse dans les négociations sur les prochaines étapes de la trêve avec le Hamas, après la fin de la première phase ce mois-ci.
"L'escalade des hostilités à Gaza au cours de la dernière semaine a eu des conséquences humanitaires significatives, avec des centaines de civils tués, dont certains restent ensevelis sous les décombres, tandis que d'autres n'ont pas pu être secourus", a déploré le CICR.
De nouveaux ordres d'évacuation poussent les gens à fuir sans savoir où se trouvent des zones sûres, et beaucoup n'ont nulle part où aller. Beaucoup ont été contraints d'abandonner leurs tentes et leurs biens". "La reprise des hostilités et de la violence entraîne une perte d'espoir de toutes parts", a ajouté le CICR.