Proche-Orient. Les USA veulent mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah
Les Etats-Unis ont affirmé lundi vouloir mettre fin "au plus vite" à la guerre ouverte au Liban depuis près d'un mois entre Israël et le Hezbollah. Cela sur la base d'une résolution de l'ONU prévoyant le retrait de tout groupe armé de la frontière israélo-libanaise.
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ATS et AFP
21 octobre 2024 à 18:41, mis à jour le 17 mars 2025 à 15:37
Dans le même temps, l'armée israélienne intensifie son offensive contre le mouvement pro-iranien, en attaquant à travers le Liban les bureaux d'un organisme financier qui lui est lié, Al-Qard al-Hassan.
Le ministère libanais de la Santé a fait état lundi de six morts, dont un enfant, dans une attaque israélienne sur la ville de Baalbeck, dans l'est du Liban, et de quatre secouristes tués dans des attaques israéliennes en 24 heures dans le sud.
S'appuyer sur une résolution de l'ONU
En visite à Beyrouth, l'émissaire américain, Amos Hochstein, a affirmé que Washington oeuvrait pour un règlement "au plus vite" du conflit, en s'appuyant sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait acté la fin de la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, en 2006.
La résolution stipule que seules les forces de maintien de la paix et l'armée libanaise soient déployées dans le sud du Liban, dont elle prévoit le retrait des forces armées non étatiques.
M. Hochstein a déploré que personne n'ait rien fait" pour la "mettre en oeuvre". Le Hezbollah a de fait maintenu une présence dans le sud du Liban, où Israël a lancé une offensive terrestre le 30 septembre.
Il a aussi affirmé qu'il n'était "pas dans l'intérêt du Liban" de lier son sort "à d'autres conflits dans la région", en allusion à l'engagement du Hezbollah à continuer à combattre Israël tant que se poursuivrait son offensive contre son allié du Hamas dans la bande de Gaza.
Blinken mardi en Israël
Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, doit entamer mardi en Israël une nouvelle tournée au Proche-Orient, pour tenter de relancer les négociations indirectes en vue d'un cessez-le-feu à Gaza, et éviter une escalade régionale. Cela alors qu'Israël a juré de riposter à l'attaque de missiles lancée sur son sol par l'Iran le 1er octobre.
La police israélienne a annoncé lundi avoir arrêté sept Israéliens accusés d'espionnage pour le compte de Téhéran, dans "l'une des affaires les plus graves de ces dernières années" selon le ministère de la Justice.
Finul: Berlin veut des explications
L'Allemagne a pour sa part demandé à Israël des explications après que la Force de paix de l'ONU au Liban a dénoncé dimanche la destruction "délibérée" par l'armée israélienne d'une de ses tours d'observation.
La Finul avait la semaine dernière dénoncé des tirs israéliens "répétés" sur ses positions.
Institution financière visée
Lundi, des bombardements à Tyr et à Nabatiyeh, deux villes du sud du Liban, ont visé selon l'agence libanaise ANI des bureaux de la société Al-Qard al-Hassan, déjà attaquée dimanche par l'aviation israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth et à Baalbeck.
Près "de 30 cibles" liées à ce groupe financier "qui reçoit des fonds de l'Iran, fournit des prêts et finance le terrorisme" ont été frappées, a assuré le chef d'état-major de l'armée, le général Herzi Halevi.
Soumise à des sanctions américaines, Al-Qard al-Hassan est une institution financière qui octroie des microcrédits dans le pays où le système bancaire s'est effondré. Elle fait partie du réseau d'associations, écoles et hôpitaux qui ont assis la popularité du Hezbollah dans ses bastions de la banlieue sud de Beyrouth, du sud et de l'est du Liban.
Selon l'armée, les caisses d'Al-Qard al-Hassan gardent "des milliards de dollars" du Hezbollah.
L'ONU condamne Israël
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a condamné lundi les "dégâts considérables aux installations civiles" causés par les attaques israéliennes l'ayant visé.
Israël poursuit parallèlement ses opérations terrestres dans le sud du Liban, dont elle veut repousser le Hezbollah pour permettre le retour d'environ 60'000 habitants du nord d'Israël déplacés par les tirs de roquettes du mouvement libanais depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.
Des combats faisaient rage dans le village frontalier de Aïta el-Chaab, où l'armée israélienne a dynamité des maisons, selon l'ANI. Le Hezbollah dit avoir visé des soldats israéliens dans ce village.
Bien qu'affaibli, le Hezbollah continue à tirer des roquettes sur le nord d'Israël, visé lundi par "des dizaines de projectiles", selon l'armée israélienne. Le mouvement a dit avoir également visé des soldats israéliens dans plusieurs villages du sud du Liban.
Près de 1500 morts
Au moins 1489 personnes ont été tuées au Liban depuis le 23 septembre, d'après un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. A la mi-octobre, l'ONU recensait près de 700'000 déplacés.
Une frappe israélienne visant une voiture a par ailleurs fait deux morts à Damas, a indiqué le ministère syrien de la Défense. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une cérémonie se tenait à proximité à la mémoire du chef du Hamas Yahya Sinouar, assassiné par des soldats israéliens dans la bande de Gaza le 16 octobre.
Le trafic aérien a été par ailleurs brièvement interrompu à l'aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv lundi, l'armée israélienne rapportant l'interception de cinq drones au-dessus de la mer Méditerranée, avant leur entrée en territoire israélien.
Gaza: "fui sans rien emporter"
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne mène depuis le 6 octobre une offensive dans le secteur de Jabalia, dans le nord, où elle affirme vouloir venir à bout de combattants du Hamas.
Quatre Palestiniens ont été tués lundi dans des bombardements, selon la Défense civile. Des témoins ont affirmé que l'armée avait fait exploser plusieurs maisons à Jabalia.
Des dizaines de milliers de personnes ont fui cette région, où environ 400'000 personnes étaient piégées la semaine dernière, selon l'Unrwa, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.
"Il y avait des bombes fumigènes et des grenades assourdissantes, nous avons fui avec nos enfants sans rien emporter, ni lait, ni couches, ni couvertures ou matelas", a raconté à l'AFP Shaima Naseer, une trentenaire venue chercher refuge dans la ville de Gaza, sa fillette de neuf mois dans les bras.
"Recoloniser la bande de Gaza"
De l'autre côté de la frontière, plusieurs centaines de militants israéliens d'extrême droite, dont des députés et ministres, ont manifesté pour le retour des colons juifs dans le territoire palestinien ravagé.
Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, a affirmé qu'il continuerait à se battre malgré la mort de son chef, Yahya Sinouar.
Au moins 42'603 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l'offensive israélienne menée en représailles à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.