Soudan. L'ONU "consternée" par les exécutions extrajudiciaires au Soudan
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk est "consterné" après des exécutions extrajudiciaires de civils depuis la prise de Khartoum par l'armée soudanaise le 26 mars. Jeudi à Genève, il a demandé aux commandants de mettre un terme à ces abus.
Partager
ATS
3 avril 2025 à 11:03, mis à jour à 11:12
Ces exécutions sommaires ciblent des personnes accusées d'avoir collaboré avec les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le Haut commissaire veut des investigations indépendantes et des changements "immédiatement" pour éviter que ces violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) ne se poursuivent.
Son bureau a reçu de nombreuses vidéos considérées comme "crédibles". Celles-ci montrent des hommes en armes, en uniforme ou en civil, abattre des individus et parfois affirmer qu'ils les punissent pour avoir soutenu les FSR.
Ces exécutions sont attribuées à l'armée et à des milices proches d'elle. Le Haut-Commissariat est aussi inquiet d'une augmentation des incitations à la haine et aux violences. Des groupes ethniques du Darfour et d'autres Etats sont ciblés davantage. L'Autrichien avait déjà dénoncé récemment les frappes de l'armée au Darfour-Nord.
En près de deux ans de conflit, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, dont au moins 4300 civils l'année dernière selon l'ONU. Plusieurs régions sont exposées à la famine. Le conflit a fait environ neuf millions de déplacés internes et quelque 3,5 millions de réfugiés. Près de deux tiers de la population ont besoin d'une assistance humanitaire.
La Mission internationale d'établissement des faits, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU, a dénoncé des actes équivalant à des crimes contre l'humanité perpétrés par les FSR et à des crimes de guerre attribués à l'armée soudanaise. Celle-ci a infligé mercredi de nouveaux revers aux paramilitaires, selon un responsable militaire.